Réflexion Après
une entrevue responsable-europe UNESCO, PARIS, 14 JUIN 2015
l'UNESCO aurait eu des retours d'un "Ambassadeur local"
"-
L'impact négatif du tourisme aérien serait minime alors que le survol de l'île permet de
visiter l'île depuis le ciel.
"
Ne
plus pouvoir apprécier un paysage en paix, au calme, ne plus
connaître le chant des oiseaux, et ce sur les 80km carré de Cilaos, +
les 200km carré des autres cirques, + les abords du volcan ?
OFFICIELLEMENT C'est un impact minime..
et 10% environ des touristes, une minorité, le provoquent, en visitant l'île du ciel.
Dans
le coeur du Parc National... 3
oiseaux seulement, "d'après les scientifiques du parc-national"
seraient suceptibles d'être gênés par le bruit du tourisme aérien.
-
le tuit tuit (échenilleur) qui n'existe plus que 20 couples au monde (vers la Roche Écrite): il n'y a plus de risque de le gêner ailleurs, et dans les cirques, car il a TOTALEMENT DISPARU.
-
le pétrel de Barreau(environ
6000 oiseaux voir 8000), en général en mer, sauf le soir, de 1h avant le coucher
du soleil à la nuit, par milliers et à toutes altitudes au dessus de
CILAOS.
Il n'y a pas beaucoup de risque de le gêner: le matin, les oiseaux sont
en mer, ils pêchent... rien à foutre des hélicos car ils ne sont pas
dans les hauts en même temps qu'eux, sauf entre septembre à mai, quand
les petits sont aux nids, dans les remparts.
-
le Pétrel noir (quelques centaines d'oiseaux), dans les remparts.
Qu'en est t'il des autres oiseaux?
"les oiseaux n'en ont rien à foutre"
Qu'il
passe un hélicoptère à 300m du sol, ou des avions et ULM... le
chant des oiseaux ne s'arrête parfois même pas... donnant raison à cette phrase
type...
Moins évident: la structure du chant est modifiée à la longue au point
que des oiseaux des zones bruyantes ne peuvent plus communiquer avec
les oiseaux des zones non bruyante à cause de trop grand écarts de
langage! Ce n'est pas une notion très connue: à la Réunion, le chant du
merle s'est déjà considérablement modifié: quasi disparition des
séquences longues modulées de sauts rapides de fréquences.
le
concert des oiseaux le matin au soleil, en métropole, est un spectacle magique qu'on ne
connaît plus à CILAOS....
Pourtant en métropole il y a un peu de trafic aérien...
DANS LE CIRQUE DE CILAOS C'EST DIFFÉRENT..
- Le bruit des engins volants est 10 fois plus intense (environ 6 dB de
plus et 4 à 6 fois plus longtemps par passage) ET QUASI-CONTINU: ce
n'est pas des passages isolés, mais plutôt de longues périodes de bruit
installées.
- compte tenu de la fréquence de rotation et de la configuration des lieux, c'est un impact centuple à
ce qui est observé dans les régions touristiques tels les abords
d'Aix-les-Bains, Annecy, ou le Mont Blanc.
Il est vrai qu'il reste encore des "après midi magiques" pour connaître
un calme qu'on n'observe presque plus en métropole (en effet, là bas
subiste toujours le murmure à 40dB des avions de lignes qu'il n'y a pas
ici). Mais le matin perdu, ça ne se rattrape pas.
- Les oiseaux des îles colonisées tardivement sont moins "sonores" et
plus vulnérables à la pollution sonore: d'origine insulaire, vivant
dans le
silence depuis des millions d'années, et pour ceux des hauts de la
Réunion, dans le bruit seulement depuis
20 ans, ils ne se sont pas PHYSIOLOGIQUEMENT adaptés.
- Les nuisances sonores des moteurs ont une grande occupation
temporelle: rien à voir avec les pétards ou bruit impulsionels destinés
à faire fuir les oiseaux dans les zones agricoles. Le bruit aérien ne
fait pas peur aux oiseaux mais les gêne en continu, ça dégrade
simplement à long terme leur reproduction, et tout simplement leur
"qualité de vie" dépendante de la possibilité d'échanger des messages
dans de grands espaces.
- le touriste peut avoir un autre ressenti, trompeur, entendant des merles
chanter fort malgré le balai aérien, même le matin, en ville ou près
des jardins..
Ces oiseaux chantent PLUS FORT QU'AVANT. Seulement ce sont souvent des
oiseaux importés, pas ceux des
forêts, et quand c'est ceux des forêts, c'est alors des oiseaux qui
communiquent avec des voisins, et non plus comme avant des oiseaux qui
communiquent à des distances de plusieurs centaines de mètres.
Il passe à CILAOS, en une matinée autant d'aéronefs dans le ciel qu'il
en passe
habituellement dans le ciel en une semaine voir un mois en métropole
dans les campagnes française, et ça résonne incroyablement plus. En
métropole et rarement dans le monde existe d'autre exemples de cirques
de montagnes aussi circulaires et amplificateurs, et de plus habités.
Le cirque de
Garvanie ou le cirque de Malval peut être sont aussi
amplificateurs, mais il ne sont pas un terrain d'aviation. Imaginez un
ballet
d'ULM et d'Hélicos là dedans: ce qui est toléré au quotidien à la
Réunion ferait un scandale en seulement une journée.
De ce fait, avec 20 à 50 passages qui durent au moins 3mn chacun, TOUS LES JOURS DE BEAU TEMPS, c'est
un effet de brouillage continu qui couvre tout simplement les chants
d'oiseaux durant une période stratégique où ils sont actifs: les seules
3 heures de la journée où les remparts et pentes sont avec certitude et continuité au soleil.
En métropole c'est différent: la visibilité est pour la journée, après midi et matin se ressemblent plus...
C'est trop de durée cumulée de brouillage acoustique, alors les oiseaux
qui étaient jusqu'en 1990 dans les forêts les plus calmes du monde, se
taisent tout simplement pour se rabattre sur l'après midi nuageuse,
mais leur conditions de vie sont alors différentes sous les nuages voir
la pluie ils ne peuvent plus voir loin (pour les rapaces), n'ont plus
d'insectes volants pour les insectivores, et beaucoup moins de nectar
pour les nectarivores. Leur nourriture, leur activité dépend en effet
de ce qui se passe au soleil, le matin, au moment où leur cris et
chants ne peux plus porter.
Concernés sont tout aussi, LES PAPANGUES (moins de 200 couples au monde, 145 comptage Seor 2015), LES ZOSTÉROPS "Q-Blanc" et "zoizo-lunettes", les CHAKOUATTES ou "zoizo-la-vierge", LES MERLES... Soit 6 ESPÈCES...
les zoizo-lunettes
(se nourrit de nectar principalement: dépend du soleil, le nectar des
fleurs et le suc ou sève des plantes étant favorisé par le soleil)
les zoizo-la-vierge (insectivore insectes actifs au soleil, chante pour des congénères éloignés)
CES OISEAUX étaient très communs, et même DOMINAIENT le paysage
acoustique des forêts avec les merles avant l'irruption du
tourisme aérien.
Il est devenu, en quelques années DIFFICILE DE LES ÉCOUTER... soit par
ce que le tourisme aérien est maintenant présent au moment où ils
chantaient, soient qu'ils se raréfient...
Le merle est encore très présent mais a quasiment perdu une
particularité intéressante de son chant: le dialogue à longue distance
avec envoi de longues séquences codés, rappellant un peu le système
d'appel sélectif des anciennes radio FM VHF
Ils n'ont pas disparu, on en voit encore, mais ils sont de présence occasionelle au lieu d'omniprésents.
Il est logique que les oiseaux ont besoin de s'entendre de loin, car ils ne chantent pas pour le plaisir...
Empêchez pareillement les humains de se parler entre eux et voyez les effets induits sur leur société.
La gêne est moindre pour les oiseaux qui vivent en bande ou sont proches de l'homme, comme les merle-Maurice, les moineaux ou les Martins, mais ce sont des oiseaux importés.
Du coup ils se trouvent avantagés dans leur concurrence des oiseaux locaux.
LES OISEAUX "URBAINS" SE SENTENT "CHEZ EUX" DANS DES ESPACES "NATURELS"
QUI SONT DEVENUS URBAINS PAR LE BRUIT... C'est le cas du Merle Maurice,
qui à cette altitude reste plutôt "en ville"...
zoizo-la-vierge est le plus
inféodé aux forêts, à la strate supérieure et se nourri d'insectes
volants, au soleil et le matin surtout: rarement visible hors des
forêts.
Le tec tec résiste le
mieux,
rarement visible hors des forêts: il semble se nourrir plus facilement
l'après midi et sous la pluie, car il gratte au sol, et déterre des
vers et profite des touristes, il va même se poster à coté des pétards
agricoles, profitant du grattage des autres oiseaux pilleurs de chants
de lentille..
le Papangue est un rapace qui a un territoire de vol de
l'ordre de 10km carré par couple... Il n'y a plus que 190 couples (mise à jour 145 couples 2015)
au
lieu de 300 20
ans avant, lui aussi communique par ses cris et a besoin de quiétude
dans son territoire de vol, il y'en a 4 à 6 couples dans le cirque de
CILAOS. Cet oiseau peut être AUSSI très perturbé par les paramoteurs,
les ULM qui volent bas, AUSSI dans les bas, particulièrement près des
bordures de remparts bordant les accès aux cirques, non pas pour des
question de bruit seulement, mais de violation d'espace de vol, lequel
espace doit contenir les ascendances qui le portent en haut des
remparts.
Le Merle semble lui aussi perturbé dans ses échanges de séquences codées
(les merles se miment jusqu'à arriver à se renvoyer la même séquence,
complexe, et il faut beaucoup de temps et de silence pour ça, en
dépendent la richesse du chant du merle, leur territoire, leur
reproduction)
Alerte
sur la raréfaction des chakouattes, accélérée et récente..
Ils ne sont plus communs sur le sentier du Taïbit, et la boucle de Bras
Rouge... au printemps en 5 heures de présence, il n'y a que une à deux
chances d'entendre un chant d'Amour de cet oiseaux sur toute la grimpée
du Taïbit, au lieu de dizaines, incomptables... auparavant, Avant
l'emprise du tourisme aérien.
Un
survol a 1000m
au dessus du sol, dans les cirques, présente généralement l'impact
d'un survol fait entre 200 et 300m en plaine (en voyage en métropole on
peut être surpris par le "silencieux" des aéronefs, qui semblent
évoluer avec un bruit feutré alors que les mêmes, à CILAOS semble
pétarader comme des voitures au pot d'échappement percé).
PLUS COMPLIQUÉ... ce n'est pas une question d'altitude: voler très haut
provoque encore trop de nuisance car le son se focalise en bas à cause
de l'effet "antenne cornet" crée par les remparts".
Pour diminuer l'impact sur CILAOS, il faudrait limiter l'altitude des
aéronefs à 3700 pieds, ne pas dépasser le niveau des plateaux, et se
limiter à des ponts aériens respectant une trajectoire rigoureuse "au
fond" de la cuvette.
le
bruit d'un passage est prolongé par la durée
triple de passage à 1000m sol par rapport à 300m/sol. À 1000m au dessus
du sol, le bruit perçu au sol couvre encore une
conversation humaine à 5m, réduit à 50m voir moins le chant d'oiseau
portant habituellement à 500m),
Exemple: bruit reçu à 1180 mètres d'altitude alors que la plupart des hélicoptères volent à 2200m d'altitude
et est encore au niveau d'un moteur de
véhicule
routier à moins de 50m: Pour un ULM c'est au niveau d'un engin de
jardinage (coupe herbe) à 75m. De tels bruits peuvent encore "se
fondre" dans un bruit urbain d'une rue très animée, mais dans la forêt
c'est une nuisance
sonore énorme, surtout quand elle se prolonge 3mn au moins, et que cela
se reproduit 20
à 30 fois en quelques heures, tous les jours, surtout en période de
reproduction de ces oiseaux...
il semble qu'un passage isolé
d'aéronef l'après midi entraine un silence de 1h30 sans chants
d'oiseaux normaux, les chakouattes étant les plus long à se remettre en chant.
Le matin on ne peut plus faire expérience d'un calme aussi long.
Il semble que le Merle Maurice est
avantagé quand il est le seul oiseau à chanter, très fort, plus fort
que tous les autres, sans concurrence. L'urbanisation des forêts par le
bruit accentue cet avantage.
Il
n'est pas besoin de s'étendre plus pour affirmer que "l’ambassadeur" minimise carrément l'impact du survol de l'île
en ULM, avion et hélicoptère pour éviter de contrarier une activité économique...
Sans
compter le sacrifice de la
jouissance du calme des hauts pour la population au sol qui est un
impact fortement négatif qui pourrait bien avoir un coût économique
bien plus négatif qu'il y paraît en empêchant tout simplement les
autres formes de tourisme de profiter de l'attrait des lieux mis à mal
par une telle nuisance sonore!
Cette
problématique est surtout sensible dans les cirques où la nuisance
sonore perdure plus longtemps, et s'étend sur une vaste zone
enclavée, très fréquentée de touristes "venus à 75% pour le calme de la montagne" et habitée de surcroît.
Le calme est recherché dans le
cadre de la randonnée ou du ressourcement, le tourisme dépend
fortement du calme pour apprécier les lieux à terre, sur place. Le préjudice est immense....
Un peu d'organisation pourrait héberger le tourisme aérien sans impacter
tous les hauts de l'île de la Réunion.
Jean Thevenet compte proposer des solutions pour "ménager la chèvre et le chou":
en son nom car le sujet et complexe et les autres membres de
l'associations ne désire pas forcément assumer une réflexion technique
si complexe.
Pour
réduire ce qui est le plus négatif dans le tourisme aérien, il
faudrait en tout cas remplacer le survol des cirques par un
détournement de ceux
ci, et organiser d'autres types de prestation, tels des ponts aériens
au départ d'hélistation positionnés
pour permettre des prestations évitant le survol des enclaves habitées,
offrant toutefois possibilité de survoler des lieux attractifs non
habités (sans doute le trou de Fer et une partie du
Volcan plutôt du coté de la route des laves et de l'enclos, en dehors
de la plaine des sables qui cumule les plaintes de touristes-à-terre)
La
seule solution pour conserver l'option d'un tourisme aérien de
masse, serait de sacrifier des secteurs pour le canaliser, mais il est
suicidaire à long terme de le laisser envahir tous les hauts de
l'île (et pire encore: des plaintes commencent à remonter de St-Pierre,
de St-Louis), il est temps de choisir des secteurs non habités pour
éviter un drame humain
et une canibalisation de l'économie locale.